Le Mouflage

Le mouflage est une technique que certain juge inutile d’apprendre au débutant en alpinisme, sous prétexte qu’ils seront jamais qu’une seule cordé sur la course, que si t’es en tension parce que ton pote est tomber il est compliqué de le mettre en place. Mais pour moi il est nécessaire de savoir au moins a quoi sa ressemble et d’en connaitre le principe.

Qu’est-ce que le mouflage en alpinisme?

Cette technique est différente des précédentes sur corde fixe : elle permet la remontée d’un compagnon de cordée dans une situation difficile, par exemple une chute de crevasse. Le principe est de créer une démultiplication à l’aide de mousquetons voire de poulies.

Installation d’un mouflage

Il est élémentaire de marcher à corde tendue. Pour  franchir  un  pont  de  neige  suspect,  le  second  doit  accorder  son  pas  au déplacement, dans ce cas en principe lent, du premier de cordée mais surtout ne pas le rejoindre pour faire un mauvais assurage à l’épaule.
Pas de panique
Un des membres de la cordée a préféré visiter le glacier en profondeur. Ce n’est pas un drame. La  corde,  en  cisaillant  le  rebord  de  la  crevasse  a  amorti  le  choc  et,  à  moins d’être sans crampons sur une neige particulièrement dure et lustrée, (je préfère ne pas imaginer  la  suite),  l’alpiniste  resté  en  surface  n’a  pas  trop  de  difficulté  à  retenir  son compagnon.

En surface, faire un bon amarrage à l’aide du piolet. Cela consiste a enterrer son piolet ainsi qu’une sangle qu’on va faire ressortir à la surface. afin de faire un point d’ancrage.
On peut aussi planter deux skis en croix dans de la neige consistante et fixer une sangle (ou cordelette) sur le croisement des skis (au ras du sol).

En  profondeur,     remettez-vous     de     cette(désagréable)  surprise,  reprenez  vos  esprits  et surtout  organisez-vous  de  manière  à  ne  rien laisser échapper de vos mains (piolet, si ce n’est déjà fait, sac à dos, quincaillerie, bâtons de ski, appareil photo, s’il est en bandoulière). Libérer la réserve   de   corde   pour   se   délester   de   son matériel (sac, skis, etc.). La remontée sur corde sera  moins  pénible.  Si  vous  avez  les  skis  aux pieds  enlever  les  et  fixer  les  à  la  réserve  de corde avec une cordelette passée dans les trous des skis (en spatule ou au talon … d’où l’intérêt des skis de rando …).

Sortez votre cordelette de la  poche  (la  grande  dont  l’autre  extrémité  est déjà fixée sur la corde d’attache par un noeud de prussik),    installez    votre    pied    dedans    et éventuellement, soulagez votre encordement s’il n’est  pas très confortable. S’il n’est pas déjà en place,   installer   un   autre   autobloquant   en-dessous  du  précédent sur la corde  qui  remonte pour y transférer son poids (noeud autobloquant, Tibloc,  Minitraxion). Si  vous  ne  parvenez  pas  à communiquer avec la surface, ne paniquez pas, le son passe très mal et parfois pas du tout. Sauf en  cas  de  force  majeure  (crevasse  très  étroite dans   laquelle  vous  sentez  votre  corps  déjà coincé s’enfoncer entre la glace en la chauffant), attendez  des  nouvelles  de  votre  compagnon avant de gesticuler au bout de votre corde. Vous risquez  de  donner  des  secousses  qui  vont  le gêner dans l’installation de l’amarrage.

Maintenant  revenons  en  surface.  L’amarrage  est  prêt.  Il  se  termine  par  une  sangle  à laquelle  on  fixe  un  mousqueton.  La  corde  d’attache  est  trop  tendue  pour  la  fixer directement et c’est là qu’intervient notre grande cordelette et son noeud auto-bloquant déjà en place sur la corde. Le faire glisser le plus loin possible, c’est-à-dire à bout de bras, passez-en les deux brins dans le mousqueton, faites un demi-cabestan arrêté par un nœud de mule (ou noeud de ganse). C’est le genre de nœud que l’on fait pour lacer ses chaussures. Il suffit de tirer sur le brin libre pour le défaire. Assurez la boucle de ce noeud de mule en la crochetant dans le mousqueton, ou en faisant un noeud d’arrêt.

S’avancer  lentement  pour  passer  le  relais  de  la  tension  à  l’amarrage.  La  corde  se détend  entre  le  noeud  auto-bloquant  et  l’attache  et  il  est  désormais  possible  de  se décorder.

Prendre la sage précaution de s’auto-assurer en faisant avec l’autre cordelette un auto-bloquant qui coulissera le long de la corde au gré de vos déplacements. Une crevasse pouvant  en  cacher  une  autre  et  le  fait  d’avoir  à  s’approcher  du  trou  laissé  par  le compagnon, sont des raisons suffisantes pour ne pas faire du solo.

Maintenant  que les deux protagonistes  sont à  portée  de voix, schématiquement, trois situations détermineront le choix de trois solutions.

La  victime  est  en  pleine  forme.  Elle  peut  remonter  sur  ses  deux  noeuds  auto-bloquants.  L’un,  déjà  installé  pour  un  pied,  l’autre  sera  mousquetonné  sur  son baudrier.  Tantôt,  il  se  hissera  sur  l’un,  tantôt  il  se  laissera  aller  sur  l’autre  et  fera coulisser le nœud libre d’une trentaine de centimètres et  ainsi  de  suite.  Dans  ce  cas,  l’homme  en  surface n’aura  qu’à  retourner  à  l’amarrage  pour  le  contre-assurer  et  éventuellement  aider  son  compagnon  pour franchir la lèvre de la crevasse.

Autre  possibilité  :  utiliser  l’écheveau  de  corde  en réserve dans le sac de l’homme de surface. Faire une boucle  à  son  extrémité  pour  envoyer  à  la  victime.

Celle-ci   passera   un   pied   dedans,   se   hissera   de quelques dizaines de centimètres. L’alpiniste qui reste en  surface  avalera  la  corde  d’assurance  sur  le  nœud auto-bloquant  de  l’amarrage  et  la  victime  pourra  se reposer à nouveau sur la corde d’assurance. La boucle, ainsi soulagée pourra être remontée pour la prochaine enjambée, puis bloquée par un autre noeud (ou autre dispositif de blocage : Minitraxion, Tibloc, Basic, …) sur la sangle de l’amarrage.

La victime est consciente mais, pour une raison quelconque, pas très opérationnelle.

Si  la  réserve  de  corde  (encore  ce  fameux  écheveau)  est  suffisante  pour  être envoyée  en  double  à  la  victime,  lui  faire  parvenir  cette  boucle  équipée  d’un mousqueton  qui  coulisse  librement  comme  une  poulie  (ou  d’une  poulie  avec mousqueton).

La victime passe donc ce mousqueton dans son attache et on réalise ainsi un mouflage de fond.

La victime peut aider son sauveteur en tirant sur le bon brin et de plus les frottements ne sont pas très importants (le sauveteur étant sur le bord  de  la  crevasse,  la  corde  glisse  assez  librement  sur  le  rebord).  Prévoir cependant  un  nœud auto-bloquant  entre le brin que l’on  remonte et  l’un  des  deux autres.

Enfin,  dernier  cas,  il  y a  panne de  son  dans la  crevasse. La  victime est  KO.  Il  va falloir agir seul et confectionner un mouflage de surface. C’est encore l’écheveau de réserve qui va nous fournir la corde nécessaire à sa réalisation. Vu les frottements en présence, le mouflage simple est rarement performant, il doit être amélioré par un  mouflage  secondaire  qui  utilise  la  grande  cordelette.  Mais  auparavant,  il  est nécessaire  de  la  récupérer  pour  pouvoir  en  disposer.  Commencer  par  installer  un autre  nœud  auto-bloquant  sur  la  corde  d’attache,  le  plus  près  possible  du mousqueton  de  l’amarrage,  le  fixer  à  ce  dernier  par  un  noeud  en  huit,  défaire  le noeud  de  mule  et  descendre  quelque  peu  la  victime  sur  le  demi  cabestan  de  la grande  cordelette,  la  petite  cordelette  se  met  en  tension  et  prend  le  relais  de  la grande qui peut ainsi être récupérée.

On  peut  alors  installer  un  mouflage  avec  démultiplication  en  fonction  du  matériel dont on dispose.

D’autres dispositifs de mouflage (Mintraxion, Tibloc, Basic, …) rendent ces opérations plus aisées.

Exemples :

 

Mouflages de Fond

On peut les réalisés unquement avec l’aide de la personne qui a chuté!!!

 

 

 

En résumé

Les valeurs renseignées dans le tableau ci-dessous sont basées sur l’utilisation de poulies et du piolet évitant l’incrustation de la corde dans la lèvre de la crevasse.

S’entraîner

En  guise  de  conclusion,  ajoutons  que  l’exécution  de  ces manoeuvres  ne  peut  être efficace  que  grâce  à  la  connaissance  parfaite  des  noeuds.  En  effet,  ce  n’est  pas quand  un  vent  de  panique  souffle  dans  le  même  sens  que  la  tempête  (un  ennui n’arrivant jamais seul) qu’on arrive à redécouvrir un nœud !

D’autre   part,   l’entraînement   n’étant   pas   incompatible   avec   l’expérience   des montagnards,  il  peut  être  intéressant,  un  jour  où  le  temps  est  trop  incertain  pour partir  en  course,  de  remplacer  une  longue  partie  de  belote  en  refuge  par  des exercices  de  sauvetage  sur  le  glacier  le  plus  proche.  Dans  ce  cas,  éviter  les crevasses dont les lèvres forment des corniches importantes. En effet, la chute d’une de  celles-ci  sur  une  pseudo-victime  pourrait  avoir  des  conséquences  tout  à  fait fâcheuses.  Enfin, la présence en  surface d’une  équipe de gros bras  peut résoudre efficacement  une  « panne  de  mouflage ».  D’où  l’avantage  au  niveau  sécurité  de  la cordée de trois (ou de deux cordées de deux alpinistes).

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